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Une sélection du Brouillon de Culture |
Fêtes de fin d'année 2025 : notre sélection en littérature française
A l'approche de Noël et des fêtes de fin d'année, les libraires du Brouillon ont choisi pour vous le meilleurs des livres à offrir dans 24 domaines différents. Chaque jour, une sélection vous est proposée dans laquelle vous pouvez puiser de nombreuses idées de cadeaux. Vous pouvez également retrouver l'intégralité de ces sélections sur notre site :
www.brouillondeculture.fr
La librairie est ouverte les dimanches 14 et 21 décembre de 10h30 à 19h |

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Les Promesses orphelines
Gilles Marchand
Comment entrer dans la vie d'adulte quand on est un jeune avec la tête remplie de rêves ? Un brin de poésie, un soupçon de malice et beaucoup d'humour. Voilà la recette parfaite pour répondre à cette question que se pose Gino au carrefour des années 50 et 60. Dans cette époque de bouleversements technologiques et industriels, le progrès s'invite chez Gino, près d'Orléans, avec l'arrivée de l'Aérotrain, qui deviendra sa nouvelle obsession. Mais une autre obsession chamboule la vie de Gino : Roxanne...Comme pour son livre précédent, G.Marchand nous touche en plein coeur, nous enveloppe dans une bulle enchanteresse, où l'écriture aussi originale que touchante fait mouche, qui n'est pas sans rappeler la poésie des films de Jean-Pierre Jeunet. Un très gros coup de coeur.
Corentin
On racontait qu'on allait marcher sur la Lune, on disait qu'en l'an 2000 on se déplacerait en voiture volante. On parlait d'un Aérotrain capable de battre tous les records de vitesse. Mais comment participer à tout ça quand on vit, comme Gino, au fin fond d'un village de l'Orléanais, quand le bulletin scolaire est en berne, quand on se demande comment séduire Roxane, la fille entrevue au bal du village des années plus tôt ? Gilles Marchand, fidèle à ses personnages toujours en décalage, nous offre une traversée poétique des Trente glorieuses par un jeune idéaliste, la tête pleine de rêves plus grands que lui, acteur à sa manière d'un monde en accélération où le bonheur pour tous semblait à portée de main.
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Nous sommes faits d'orage
Marie Charrel
"Trouve Elora" C'est à partir de ce mot laissé par sa mère que Sarah se lance sur les traces de cette mystérieuse jeune fille. Comme une enquête sur trois générations ce roman nous plonge dans le folklore et l'histoire de l'Albanie, sous la dictature d'Enver Hoxha, dans les montagnes d'un pays où tout est controlé, où les mots permettent de résister.
Claire, rayon jeunesse
Sarah ne sait pas vraiment ce qu'elle vient chercher en Albanie, si ce n'est une maison et les secrets légués par sa mère Ester, décédée il y a peu - « Trouve Elora », a-t-elle glissé avec les clés de la bicoque. Pourtant, sur place, les locaux sont formels : Elora est morte il y a bien longtemps. Pourtant Sarah croit lire la peur et la méfiance dans les regards : qu'est-il arrivé à la mystérieuse jeune fille ? Des années auparavant, alors que le régime communiste totalitaire d'Enver Hoxha étend son joug jusque dans les campagnes, Elora et son ami Agon se font une promesse : tant qu'ils seront ensemble, tout ira bien. Mais alors que l'adolescente n'aspire qu'à crapahuter dans les hauts monts, sa mère la réprimande : une fille ne se comporte pas comme ça. Et si les hommes possèdent la liberté, ils ont aussi la lourde responsabilité du Kanun, la vengeance du sang. Elora enrage : elle endosserait bien mille Kanun pour avoir le droit, elle aussi, d'entrer dans la résistance des montagnes... Une immense fresque sur l'Albanie des années 1970 à nos jours, et sur les destins tragiques de femmes révoltées.
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La nuit au coeur
Nathacha Appanah
Nathacha Appanah nous raconte ces trois femmes impuissantes, toutes autant solaires qu'écrasées sous le poids d'une d'une violence masculine indicible et pourtant fort bien décrite par une plume oscillant entre saisie littéraire et enquête journalistique. L'autrice elle-même, qui a vécu sous l'emprise d'un homme bien plus âgé qu'elle, nous raconte les mécanismes à l'oeuvre qui l'enserrent, l'annulent et la brisent jusqu'à ce qu'elle déniche un courage inoui pour enfin s'enfuir. Les deux autres femmes ne s'en sortiront pas. C'est la riante Chahinez, qui a quitté l'Algérie pour retrouver son mari à Bordeaux et qui vivra l'enfer avant de périr dans des conditions effroyables; c'est Emma, la propre cousine de l'autrice, qui elle aussi n'échappera pas au sort funeste que lui prépare son mari. Avec Nathacha Appanah, on essaye de comprendre, on y arrive peut être un peu, mais on n'en sort pas indemne. Un livre fort, très fort.
Le Brouillon de Culture
«De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi. » La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.
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Roman policier
Philibert Humm
Après Roman Fleuve et Roman de Gare, Philibert Humm, poursuivant toujours ses rêves de fortune et de gloire, s'attèle à un nouveau genre : le roman policier. Avec son ami Vincent, qui physiquement ressemble énormément au comédien Vincent Dedienne pour la raison que c'est lui, ils partent enquêter sur une drôle affaire, une affaire à ce jour irrésolue et dont ils viendront à bout en huit jours. Un fait divers défraie les chroniques. Les médias s'emparent de l'affaire mais l'enquête de police patine et les journalistes locaux n'arrivent à rien. Deux types auxquels on n'a rien demandé décident de s'en mêler. A voir leur détermination, on comprend vite que le coupable n'en a plus pour très longtemps. Le récit authentique d'une enquête véritable. Un roman policier sans policiers. Il va de soi que tout cela est vrai. Il va de soi que vous n'êtes pas tenus de le croire. Pensez que j'invente si ça vous chante. Je n'en ferai pas une affaire.
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Passagères de nuit
Yanick Lahens
Toujours avancer sans se retourner, c'est ce que murmurent à Yanick Lahens les femmes de sa propre lignée dans ce puissant roman des origines, comme arraché à son quotidien à Port-au-Prince. Née en 1818 à La Nouvelle-Orléans, Élizabeth n'a pas reculé quand, victime de deux tentatives de viol, elle a freiné les élans prédateurs d'un ami de son père. Sa grand-mère, ancienne esclave arrivée d'Haïti au début du siècle dans le sillage du maître qui l'avait affranchie, lui a donné un exemple de résistance silencieuse : devenue une commerçante prospère, elle n'a plus jamais accepté de se soumettre au désir d'un homme. Confiante dans la force qu'elle a tôt transmise à sa petite-fille en l'invitant dans la ronde mystérieuse des divinités vaudou, elle n'hésite pas à couvrir sa fuite : Élizabeth embarque pour Port-au-Prince, où nous la retrouverons bien des années plus tard, aux commandes de sa vie, mère d'un homme qui traverse la ville en libérateur. En cette année 1867, rien ne destinait Régina, née pauvre parmi les pauvres, à rencontrer le général Léonard Corvaseau. C'est pourtant à son côté que va se poursuivre sa trajectoire d'émancipation. Avec ce portrait en miroir de deux femmes, ses lointaines grands-mères, qui reconnaissent chacune en l'autre « une semblable, une soeur échappée à la rudesse des conventions », la grande romancière haïtienne nous offre un magnifique hommage à toutes les Passagères de nuit (à commencer par celles des bateaux négriers), ces vaincues de l'histoire dont la ténacité et la connivence secrète opposent à la violence du monde une lumineuse vaillance.
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Le livre de Kells
Sorj Chalandon
Chalandon nous fait le récit de ses années de formation, à la fin des années 60 début 70. Une période décisive pour l'auteur puisqu'elle fera naître en lui le goût de l'engagement, qu'il soit pacifiste ou plus violent, et comment tout cela va l'amener à ce qu'il est aujourd'hui...Chalandon n'est jamais aussi intéressant que lorsqu'il parle de lui-même, c'est donc tout naturellement que ce livre est très bon.
Corentin
Le Livre de Kells est le douzième roman de Sorj Chalandon qui, une fois encore, a puisé dans son expérience personnelle pour raconter un épisode de sa vie. À 17 ans, après avoir quitté le lycée, Lyon et sa famille, il arrive à Paris où il va connaître, durant presque un an, la misère, la rue, le froid, la faim. Ayant fui un père raciste et antisémite, il remonte l'existence sur le trottoir opposé à celui de ce Minotaure sous le nom de Kells, en référence à un Evangéliaire irlandais du IXème siècle. Des hommes et des femmes engagés vont un jour lui tendre une main fraternelle pour le sortir de la rue et l'accueillir, l'aimer, l'instruire et le réconcilier avec l'humanité. Avec eux, il découvre un engagement politique fait de solidarité, de combats armés et d'espoirs mais aussi de dérapages et d'aveuglements. Jusqu'à ce que la mort brutale de l'un de ces militants, Pierre Overney, pousse La Gauche Prolétarienne à se dissoudre. Certains ne s'en remettront jamais, d'autres chercheront une issue différente à leur combat. Ce fut le cas pour l'auteur, qui rejoignit «Libération» en septembre1973. Le livre de Kells est une aventure personnelle, mais aussi l'histoire d'une jeunesse engagée et d'une époque violente. Sorj Chalandon a changé des patronymes, quelques faits, bousculé parfois une temporalité trop personnelle, pour en faire un roman. La vérité vraie, protégée par une fiction appropriée...
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La bonne mère
Mathilda Di Matteo
Celui-là, on aurait voulu qu'il sorte avant les grandes vacances tant il est une lecture d'été parfaite. Solaire, drôle, avec un personnage principal délirant (et à priori jamais vu en littérature). Le roman sait aussi être tendre avec la relation mère-fille décrite et sait aussi être profond en abordant des questions très actuelles, notamment l'appartenance aux classes sociales. Bref, un livre pas prise de tête, drôle, intelligent. Tout ce qu'il nous faut.
Corentin
800 km : c'est la distance qui sépare Clara de Véro, sa mère, depuis qu'elle a quitté Marseille pour faire des études brillantes à Paris. Ce week-end, pour la première fois, Clara rend visite à ses parents accompagnée. Raphaël est avec elle. Raphaël et ses gestes feutrés, son élégance naturelle, son pedigree bourgeois. À ses côtés, Clara gomme les rondeurs de son accent, lisse ses émotions, cache les photos de sa mère en veste léopard et jupe à strass. Mais l'illusion ne tiendra pas. Dans quelques minutes, il va comprendre. Il va la voir. Véro. Un girafon. C'est ce que pense Véro quand elle aperçoit Raphaël et comprend immédiatement qu'elle ne va pas l'aimer. Avec son dédain, ses mots compliqués pour rien et sa bouche fermée comme une huître. Comment est-ce qu'elle a pu tomber amoureuse de ça, ma minotte ? Voici la preuve qu'elle attendait : elle n'aurait jamais dû la laisser monter à Paris. Tout au fil du roman, mère et fille se cherchent, se fuient, se blessent sans jamais oublier de s'aimer. Comment être une bonne mère quand notre enfant nous échappe ? Comment être une bonne fille quand on a honte de celle qui nous a tout donné ? Comment s'affranchir sans trahir ? La Bonne Mère est un roman social ultra contemporain sur la violence de classe, l'inconfort de celles et ceux qui ne seront jamais tout à fait d'un monde ni d'un autre. Avec un sens du détail saisissant et une ironie mordante, Mathilda di Matteo nous plonge dans deux mondes qui se rejettent. D'un côté, Marseille et ses femmes qui parlent trop fort, ses couleurs vives et ses excès. De l'autre, Paris et ses façades grises, ses regards qui jugent et son hypocrisie glaciale. En fuyant l'un, Clara pense s'affranchir de la brutalité qui a marqué son enfance - celle de son père envers sa mère. Mais c'est une illusion. Car une même violence unit ces deux mondes - celle des pères et des amants. Alors, il faudra rompre l'héritage. Briser la chaîne. Pour que mère et fille, enfin, se réunissent et trouvent la force d'être libres.
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Les derniers jours de l'apesanteur
Fabrice Caro
Moins absurde et plus tourné vers la nostalgique ses précédents livres, F. Caro joue avec les souvenirs de la génération tout en tenant un discours assez universel sur cette période charnière que beaucoup ont vécu : la fin du lycée et tout ce qu'elle amène de rencontres et de découvertes. Un roman juste qui parle à tout le monde, on adore ! Et ça reste très drôle !
Corentin
L'année du Bac, la meilleure période de notre vie en même temps que la pire. «Je m'étais façonné un faux moi intégralement taillé pour lui plaire. Elle avait adoré Le cercle des poètes disparus ? C'est dingue, c'était mon film culte. Elle aimait Sting et surtout son dernier album en date ... Nothing Like the Sun ? Je vénérais cet album, de manière inconditionnelle. Elle admirait le chanteur pour son implication dans la défense de la forêt amazonienne aux côtés du chef Raoni ? J'étais à deux doigts de venir au lycée le lendemain avec un plateau de terre cuite coincé dans la lèvre inférieure...» Jonglant avec l'euphorie et la fébrilité de nos dix-huit ans, Fabrice Caro livre la chronique drolatique d'une année de terminale à la fin des années 80.
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In violentia veritas
Catherine Girard
Lorsqu'elle apprend, alors âgée de quatorze ans, qu'on la surnomme «la fille de l'assassin», Catherine Girard s'empresse d'aller interroger son père Henri Girard, mieux connu sous le nom de Georges Arnaud, auteur du roman Le Salaire de la peur. La confidence se fait dans une ambiance où la peur le dispute à la tendresse.L'horreur de ce que le vieil homme lui apprend plonge l'adolescente dans un déni dont elle ne sortira qu'un demi-siècle plus tard, et qui la pousse aujourd'hui à prendre la plume pour confronter ce passé abyssal. Le matin du 24 octobre 1941, au château d'Escoire, le père d'Henri Girard, sa tante et leur servante ont été retrouvés morts, atrocement massacrés. Henri fut le seul à y échapper. Inculpé, emprisonné, promis à la guillotine pendant dix-neuf mois dans l'un des cachots les plus insalubres de France, il fut finalement acquitté. L'affaire ne fut jamais élucidée. Loin du genre «true-crime», In Violentia Veritas est un magnifique récit littéraire d'investigation familiale qui révèle pour la première fois au grand jour, une vérité aussi incontestable qu'épouvantable. Avec honnêteté et rigueur, l'autrice remonte de branche en branche sa généalogie marquée par une violence atavique.
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Voyage voyage
Victor Pouchet
Après un triste épisode dans leur vie de couple, Orso et Marie vont entreprendre un périple thérapeutique : sillonner les routes de France et visiter les musées les plus atypiques.Victor Pouchet continue dans la voir qui lui est chère, celle de la poésie et de la marge. En mettant en scène deux amoureux vivants hors des codes, Pouchet nous montre une fois de plus tout son talent pour écrire avec humour, poésie et tendresse. Le genre d'auteur qui donne envie de vivre sa vie différemment !
Corentin
«Orso voulait mettre en place ce qu'il appelait la théorie de la grande diversion. Il avait trouvé cette formule dans un livre et elle lui plaisait. Il fallait se changer les idées. Penser à autre chose. Chercher l'aventure dans des endroits inédits ; aller là où ils n'étaient jamais allés ; voir ce qu'ils n'avaient jamais vu ; avancer un peu plus loin, au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau.» Orso et Marie s'aiment, mais leur quotidien insouciant se heurte à un chagrin brutal. Pour faire diversion, ils se lancent dans un road-trip improvisé. Grandiose et dérisoire, celui-ci les mènera du musée du Poids au musée de l'Amiante, du musée de la Gendarmerie à celui du Pigeon, en passant par Lourdes, la Moselle et Saint-Tropez. Autant d'étapes et de détours pour partir à la recherche d'autres vies que la leur et tenter, dans cette échappée, de préserver en eux un esprit d'enfance que l'âge adulte laisse trop souvent derrière lui. Roman d'amour autant que d'aventures, merveille de drôlerie et de tendresse, Voyage voyage invite à choisir les chemins de traverse pour trouver de la joie là où on ne l'attend pas.
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La mauvaise joueuse
Victor Jestin
«Jusqu'alors, je ne jouais plus. Ni aux échecs ni aux cartes ni au bowling, ni à rien. Disons que sinon je m'impliquais un peu trop fort.» Un soir de semaine comme les autres, Maud, une jeune femme à la vie bien rangée, provoque un accident de voiture et prend inexplicablement la fuite. Paniquée, elle erre sur la route et trouve refuge dans un bowling. C'est le début de trois jours de cavale, et surtout de rechute dans une très vieille addiction, celle de jouer, à tout, frénétiquement. Des environs pluvieux de Saint-Nazaire au village lointain de son enfance, le périple de Maud prend l'allure d'une fugue existentielle. Sur un rythme effréné, Victor Jestin raconte la lutte d'une femme contre une passion infernale, et interroge la place du jeu dans nos vies.
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L'Oreille absolue
Agnès Desarthe
Un curieux roman inspiré par la vie de Desarthe en Normandie. Un roman choral, court, qui raconte les vies de habitants d'un petit village au bord de mer. Il y a quelque chose de magique qui semble les relier, un lien inconnu et unique qui semble les maintenir en vie, quand bien même il y a des écorchés. Tantôt drôle, tantôt grave, c'est un roman à lire et à relire pour savourer la minutie du savoir faire de l'autrice.
Corentin
« C'était un hiver lumineux et sec où rien ne semblait devoir mourir. » Un petit garçon intenable rencontre un homme au bout du rouleau. Une femme retrouve son amant disparu. Un musicien prépare un concours avec un jeune prodige qui ne sait pas lire une note. Deux adolescents filent à moto sans casque. Ces personnages - et bien d'autres encore - semblent n'avoir aucun lien entre eux, si ce n'est que tous appartiennent à la même harmonie municipale. Mais une fillette timide promise à un brillant avenir les observe sans qu'ils le sachent. Elle comprend qu'un fil les relie tous et qu'un sort a suspendu pour un temps les drames individuels. Que ce fil vienne à rompre, et tous tomberont. La musique, alors, s'arrêtera. Dans cet admirable roman polyphonique, Agnès Desarthe s'amuse à nouer et dénouer les destins par le seul jeu de l'écriture.
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Nourrices
Séverine Cressan
Ce très beau premier roman met en lumière ces femmes toujours invisibilisées, relate leur courage face à la dureté du monde.La douceur du tissage des premiers liens côtoie la rudesse de cette "industrie" méconnue. Le lait qui nourrit, le patriarcat rural qui asservit. Hommage aux femmes, aux mères-courage, à la sororité, à l'entraide. Ces femmes combatives, écrasées par leur époque, dessinent les contours d'une archéologie de la puériculture.L'écriture est immersive, charnelle. Une nuit de pleine lune, le récit se fait conte. La nature empreinte de mystère soutient la puissance poétique du roman. Une magnifique découverte un grand plaisir de lecture.
Claire, rayon littérature
Un premier roman français exceptionnel qui évoque immédiatement l'univers de Franck Bouysse dans Né d'aucune femme , Cécile Coulon dans Seule en sa demeure ou encore Leonore de Recondo dans Amours . L'autrice donne vie à celle qui était toujours un personnage secondaire et pourtant omniprésent dans la littérature classique : la nourrice. Dans ce village, c'est du corps des femmes qu'on tire l'argent qui fait vivre les familles. Car ici, on vend une denrée précieuse : le lait maternel. Sylvaine, son propre enfant à peine sevré, accueille chez elle comme tant d'autres une "petite de la ville". Mais une nuit, en pleine forêt, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à ses côtés un carnet qui raconte son histoire. Elle ne pourrait veiller sur ces trois nourrissons et quand celle dont elle a la garde meurt dans son sommeil, elle n'hésite pas à échanger les bébés. L'enfant mystérieuse prend la place de Gladie, cette petite fille qui lui avait été confiée... Avec ce premier roman sensuel et bouleversant, Séverine Cressan révèle les rouages troublants d'une industrie méconnue. Dans ces pages inoubliables, elle nous entraine dans un univers où la nature et l'enchantement ne sont jamais loin et réinvente l'histoire de ces mères invisibles.
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Trois fois la colère
Laurine Roux
Dans ce roman médiéval cruel et rythmé, nous suivons trois frères et soeurs que grandissent séparés mais dont les destins seront marqués par Hugon le Terrible, seigneur de comté Debure. Ce dernier, tyran sanguinaire, transforme le roman en un récit imprévisible où le destin de chacun peut basculer en un paragraphe. Récit d'apprentissage, d'injustice, de résistance ou d'amour, c'est un roman qui captive autant qu'il révolte et qu'on ne lache pas avant d'avoir atteint la dernière page.
Gabriel
Aux confins des Alpes, à l'époque médiévale, une histoire qui s'empare de quelques-unes des questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, le hiatus entre la justice et la vengeance. À quoi s'ajoute ce personnage central de toute l'oeuvre de Laurine Roux : la nature, souveraine, promesse de refuge, immuable symbole de l'amour, de l'espoir et de la révolte. Aux confins des Alpes, à l'époque médiévale. Hugon, seigneur de Bure, être cruel et tyrannique, marque son temps et sa lignée au fer rouge avec la bénédiction de l'Église. Encore adolescent, il n'hésite pas à accuser un innocent afin de couvrir un crime que lui-même venait de commettre. Un simulacre de procès conduira le pauvre homme au bûcher, où il brûlera sous les yeux de Gala, sa fille à la beauté irradiante. De ce jour, recluse dans les bois de Bénévent, Gala s'ensauvage. Un jour, Hugon la soumet. De ce viol naissent trois enfants. Chaque nourrisson porte au cou la marque du seigneur de Bure, un coquelicot cousu à même la peau. L'accoucheuse confie Reine à Clarisse de Bure, épouse du seigneur, qui se croit stérile, et abandonne Éphraïm, garçon aux yeux vairons, sur le seuil d'un prieuré où un bénédictin l'élèvera comme son fils. Quant à la troisième nouvelle-née, laissée pour morte, elle sera l'idiote, l'attardée sublime, surnommée Mange-Ciel. Tout en remontant la généalogie de cette histoire de pouvoir, de vengeance et de justice au temps du Moyen-Âge, Trois fois la colère s'empare de quelques-unes des questions qui taraudent notre modernité : la domination masculine, le hiatus entre la justice et la vengeance, la tension entre l'empire du passé et les identités à inventer. À quoi s'ajoute ce personnage central de toute l'oeuvre de Laurine Roux : la nature. La nature toujours souveraine, toujours promesse de refuge, immuable symbole de l'amour, de l'espoir et de la révolte.
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Quatre jours sans ma mère
Ramsès Kéfi
Une mère dévouée, peu gratifiée en retour par les siens, décide de "s'absenter".Et tout un équilibre fragile vacille: un séisme intime pour cette famille où chacun végétait en apnée dans sa routine, où les non-dits ont impacté, au fil du temps, les trajectoires personnelles.En filigrane, c'est un portrait de femme qui se dessine, pudique, discrètement affectueux. Panorama social aussi d'une cité tranquille aux personnages attachants, sauvés par leur autodérision. L'écriture de Ramsès Kefi est vive, proche de l'oralité, d'une drôlerie tendre.C'est juste, fin, sensible, plein d'humanité.
Claire, rayon littérature
Un premier roman poignant sur la fugue d'une mère, qui va métamorphoser sa famille. Un soir, Amani, soixante-sept ans, femme de ménage à la retraite dans une cité HLM paisible en bordure de forêt, s'en va. Pas de dispute, pas de cris, pas de valise non plus. Juste une casserole de pâtes piquantes laissée sur la cuisinière et un mot griffonné à la hâte : " Je dois partir, vraiment. Mais je reviendrai. " Son mari Hédi, ancien maçon bougon, chancelle. Son fils Salmane s'effondre. À trente-six ans, il vit encore chez ses parents, travaille dans un fast-food, fuit l'amour et gaspille ses nuits dans un parking avec son meilleur ami, Archie, et d'autres copains cabossés. Père et fils tentent de comprendre ce qui a poussé le pilier de leur famille à disparaître. Alors que Hédi réagit vivement, réaménage l'appartement, enlève son alliance, Salmane met tout en oeuvre pour retrouver sa mère. Son enquête commence, avec de maigres indices - une lettre, un chat tigré, une clé rouillée -, et remue un nombre incalculable de regrets. Il pressent que ce départ est lié à l'histoire de ses parents, orphelins émigrés de Tunisie. Il devine aussi que l'événement va tous les transformer, surtout lui, Salmane, qui voit enfin advenir son passage à l'âge adulte. Dans ce premier roman plein de verve et de sensibilité, Ramsès Kefi compose une fresque intime et sociale, où le quartier ouvrier de la Caverne est à lui seul un personnage, avec ses habitants pudiques, son PMU d'antan, ses reproductions de bisons sur les murs... Ce texte est un chant d'amour aux mères qui portent le poids de leur famille, sans bruit et sans reconnaissance, aux hommes fragiles, impétueux mais débordant de tendresse, à ceux qui ont le courage d'aller chercher dans le passé les remèdes aux maux du présent.
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Le bonheur
Paul Kawczak
... des nouvelles de l'auteur de l'excellent Ténèbre. Il nous revient plus fort que jamais avec ce roman qui jongle habilement avec les genres: tantôt historique, tantôt riche en péripéties, ponctué de références littéraires. Bref, l'auteur signe, grâce à un travail minutieux sur le fond et la forme, un nouveau grand livre. On ne parle pas assez de ce livre et c'est injuste. Foncez !!
Corentin
Automne 1942, près de Besançon, Jacquot, Pinou et Suzanne se cachent sous les ruines du château de Montfaucon, dans une grotte où résiderait le Diable. À la surface, un officier nazi sans visage, le SS-Sturmbannführer Peter Pannus, les traque comme le ferait une bête sauvage, rôdant autour du château et de la petite épicerie de madame Beugnot. Il sera dit, plus tard, que cet homme glaçant au passé mystérieux soupçonnait ces enfants de posséder d'immenses pouvoirs. Des pouvoirs qui auraient pu changer le cours de la guerre. Aucun élément certain n'étaye ces rumeurs, bien sûr. Mais comment expliquer cette étrange lumière verte, que plusieurs témoins ont rapporté avoir vu s'échapper du monstre et de ses victimes ? Poursuivant son exploration de l'Histoire dans le style du réalisme magique, Paul Kawczak revisite ici la période de l'Occupation. Littéraire et politique, Le bonheur fait d'une aventure palpitante une réflexion sur la solidarité, l'art et la démocratie. Un hommage aux enfants sacrifiés sur l'autel du fascisme, ainsi qu'aux femmes qui les ont protégés.
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Le palmier
Valentine Goby
Récit initiatique au pays des senteurs et à hauteur d'enfant. Le jardin méditerranéen familial est le paradis de Vive, 9 ans, fillette pétillante et bien nommée, qui aime collectionner les mots nouveaux. Ses trésors sont ces fioles mystérieuses pleines d'essences variées auxquelles son père, parfumeur, l'initie. Il distille, à l'heure de l'histoire, au coucher, ses récits botaniques odorants rapportés du monde entier.Et c'est un bouquet splendide de fragrances et de sensations dont Vive s'enivre, un rempart contre les ombres.Les arbres comme les adultes ne sont pas toujours fiables. Valetine Goby nous guide dans cet éveil olfactif et sensoriel, métaphorique, au plus près de la nature et de l'âme humaine.
Claire, rayon littérature
Vive est une enfant dont l'univers se déploie entre les arbres du jardin familial, les essences exotiques que son parfumeur de père rapporte de ses lointains voyages, et les mots nouveaux qu'elle consigne dans son carnet pour apprivoiser le monde qui l'entoure. Mais derrière la douceur apparente se cachent des blessures qui mettront beaucoup de temps à se refermer... "Le palmier" est le roman vrai d'une héroïne qui, comme l'autrice elle-même, fut très tôt confrontée à la beauté de la nature et à la brutalité de certains hommes. Tout à la fois récit initiatique, chronique familiale et fiction autobiographique, ce roman puzzle aux allures d'imagier est aussi une fascinante enquête, intime et poétique, sur les territoires de l'enfance, les pouvoirs de l'imaginaire et l'aventure de l'écriture.
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L'histoire de la littérature
Xavier Chapuis
"L'Histoire de la littérature", ou le récit complètement déjanté d'un contrôleur de gestion qui se rêvait écrivain. Sa mission : Sauver la littérature actuelle coûte que coûte, avec des méthodes peu respectables. On se retrouve happé contre notre gré par cet antihéros persuadé que sa quête est la plus juste.
Aline
Ce livre s'appelle L'Histoire de la littérature, car il y est question d'écrivains. Il aurait pu s'appeler La Littérature à coups de marteau, car il y est question d'écrivains et de bricolage. Ou Panique à Saint-Germain-des-Prés, ou encore Beigbeder en Patagonie, car il y est question d'écrivains plus ou moins célèbres, de bricolage peu orthodoxe et d'une affaire criminelle. Ce livre aurait surtout pu s'appeler Le Peuple des lettres, car il y est d'abord question de celles et ceux qui lisent des livres sans se préoccuper de la coqueluche des médias, et en premier lieu d'un contrôleur de gestion qui voudrait tant être publié. Ce livre s'appelle finalement L'Histoire de la littérature, car c'est une histoire d'amour, l'amour de la langue mais pas seulement. L'humour, un style subtilement baroque et Philippe Sollers y occupent une place tout à fait centrale. Bref, L'Histoire de la littérature est un livre complètement marteau qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre.
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Flamme, volcan, tempête : Un portrait de Christine Pawlowska
Pierre Boisson
Les enquêtes littéraires forment des livres merveilleux. On se rêve à la place de l'auteur, on voudrait que ça nous arrive, on devient enquêteur à notre tour. Pierre Boisson nous permet cela, à travers la redécouverte du livre Ecarlate de Christine Pawlowska, publié en 1974. Un court livre et puis plus rien ... Mais qui est-elle ? Est-elle seulement encore en vie ? Pour les fans d'enquête et d'histoire littéraire c'est un régal !
Corentin
Un été, Pierre Boisson découvre dans une bibliothèque un roman à l'abandon, oublié en deuxième rangée, invisible : Écarlate, de Christine Pawlowska. Un petit ouvrage, d'une centaine de pages, publié en 1974 au Mercure de France. Un texte écrit par une adolescente dont la violente mise à nue et la plume incandescente frappent le journaliste et l'assaillent de questions. Qui est Christine Pawlowska ? Comment a-t-elle vécu ? Qu'est-elle devenue ? A-t-elle continué d'écrire ? Tant de mystères qu'une brève recherche Internet ne permet pas d'élucider, au contraire, car Christine Pawlowska a disparu. Pourtant, son oeuvre, même faite d'un seul livre, semble avoir compté. Pierre Boisson mène l'enquête et découvre la vie fascinante et hors norme de celle qui a partagé les pages du cahier d'été de La Nouvelle Revue française avec Annie Ernaux, qui a aussi été fugueuse, avorteuse, kidnappeuse ou tenancière de bar. Son destin est celui d'une femme emprisonnée dans un continuum de violence et d'une autrice poursuivie par "l'agonie des mots absents", selon l'un de ses poèmes aujourd'hui retrouvé. Flamme, volcan, tempête est un roman sans fiction dans lequel se côtoient l'histoire d'une enquête, l'histoire d'une femme et, au fond, une certaine histoire de la littérature.
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Officier Radio
Marie Richeux
Marie Richeux chemine sur les traces de son oncle, officier radio en mer. Son enquête sur le naufrage qui lui a coûté la vie la mènera en Bretagne et en Italie et questionnera toute sa mémoire familiale. Un récit hommage sur l'héritage, les non-dits et le deuil.
Aline
« Comment ne pas oublier ? », dit le père de Marie, évoquant la disparition déjà ancienne de son frère marin. Parce qu'elle révèle l'inverse de ce qu'elle croit dire - la perte inoubliable -, la question éveille le trouble et la curiosité de la narratrice. À propos du naufrage et de la mort de cet oncle Charlot qu'elle n'a pas connu, elle a toujours entendu : « On ne saura jamais. » C'est que le mystère reste entier sur les circonstances de l'accident de l'Emmanuel Delmas en 1979 au large des côtes italiennes : la brume, une collision avec un autre navire, très peu de survivants, plusieurs versions divergentes. L'énigme et le drame, l'émotion de son cousin Loïc dans la lumière dorée d'un soir d'août, il n'en faut pas davantage à Marie pour partir sur les traces de Charles Richeux, officier radio du navire. Compilant les articles parus à l'époque, lisant avec avidité les dossiers d'archives, les correspondances, les télégrammes diplomatiques, conversant avec d'anciens capitaines et des veuves de marins, elle nous entraîne dans une passionnante reconstitution de la tragédie. Au fil des conversations et des recherches, c'est un peu de l'histoire bretonne qui affleure, où une modeste exploitation agricole, l'attente des femmes restées à terre et l'importance cruciale d'un petit club de foot tissent un pudique roman familial. Quand elle interroge les ruses de la mémoire et se rit de sa propre obsession des traces et de l'enregistrement des voix, c'est son autoportrait en femme de radio que nous offre Marie Richeux : l'enregistrement, comme l'écriture, luttant contre l'effacement. Mais, à l'issue de sa quête, ce qui apparaît et donne à ce livre sa vibration toute particulière, c'est la belle évidence d'une littérature comme questionnement.
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